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Il y a 50 ans, nous étions tous locavores

02/09/2013

Se nourrir uniquement de produits locaux est une tendance qui se confirme.

Celui ou celle qui pratique cet exercice s'appelle un(e) 'locavore'.

Il s'agit de consommer des biens fabriqués 'localement' c'est à dire à échelle d'un département, d'une région, voire d'un périmètre de 200 km à la ronde.

Consommer localement permet de réduire l'impact carbone lié aux déplacements véhiculés, de favoriser l'économie du territoire, de créer du lien entre producteurs et consommateurs, de limiter les fraudes et malversations (le principe étant que sur un petit territoire, tout se sait). Bref, consommer local favorise la solidarité entre les habitants d'un même lieu.

Toutefois, si on élargit le principe du locavore à tous les biens consommés, la mise en pratique de ce concept apparait comme une entreprise extrêmement ambitieuse.

Premier constat :

Mon jean, ma tablette électronique, mes chaussures, ma télé, mes crevettes viennent d'Asie. Parce que fabriquer en France coûte "cher" (affirmation à relativiser en fonction des secteurs d'activités), parce que les filières industrielles agricoles sont tellement spécialisées qu'on ne trouve plus une seule pomme française pour faire de la compote, parce que les bananes et le café ne poussent pas en France.

Si je souhaite consommer local, faut-il donc que je ne mange que du boudin et du fromage de brebis ?

Car, l'offre reste encore limitée, confidentielle, trop peu diversifiée et pas structurée. Bref, tout reste à faire.

Deuxième constat : 

'Consommer local' ramène aux temps moyenâgeux.

Rappelons qu'il y a encore 50 ans (et ce n'est pas vieux, même si cela signifie 'le siècle dernier' pour certains, c'est aussi 'avant hier' pour beaucoup d'autres), tout le monde consommait local.

Il faut reconnaitre que depuis 50 ans, on fait un peu n'importe quoi, comme si c'était open-consommation éternelle sans conséquences : jeter verre et plastique dans la nature, ioniser les aliments périmés, empoisonner les hommes et la terre avec des pesticides et des engrais chimiques dangereux, planter des OGM, gaspiller, jeter, abuser...

Il y a 50 ans, il y avait des animaux dans les fermes et des abeilles dans les ruches, les bouteilles d'Ogeu à l'orange étaient consignées et on partait faire ses courses avec un filet à provisions. On mangeait une fois par semaine de la viande, et du boeuf très rarement. Toutes les bonnes idées sont là, il suffit de les mettre en oeuvre avec nos techniques et nos moyens actuels. Retrouver certaines habitudes de consommation et de vie de l'époque n'est absolument pas insurmontable. Par exemple, on a réussi ces dernières années à interdire les sacs plastiques dans les grandes surfaces, et ça ne pose plus aucun problème pour personne. On pourrait donc, par exemples, remettre en pratique les emballages consignés, développer les composts de quartier, étendre les pistes cyclables, labelliser les restaurants qui cuisinent avec des produits locaux et surtout structurer l'offre locale de produits de consommation.

 

Le consommateur est prêt et convaincu qu'il peut aller plus loin dans sa démarche de 'locavore actif', faut-il encore qu'on lui fasse des propositions.

 

Catherine Marée - 05 59 22 73 50

c.maree@bayonne.cci.fr

 

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