Actualité

1 2 3 4 5 0 vote

Un collège culinaire lance une appellation pour repérer le "fait maison"

16/04/2013

Quinze des plus grands chefs français, emmenés par Alain Ducasse et Joël Robuchon viennent de lancer lundi une appellation pour distinguer «les restaurants de qualité», ceux où, quelque soit le tarif, un restaurateur passionné résiste à l'industriel et s'attache au «fait maison» et à l'hospitalité.

«Sur les 150.000 restaurants français, les trois-quarts ne font que de l'industriel. Les autres se battent pour cuisiner des produits frais. C'est à eux que nous nous adressons», a expliqué Alain Ducasse à l'AFP. Le chef distingue ainsi les «commerçants restaurateurs» aux «artisans restaurateurs». 

 «L'intention est louable mais cette multiplication de labels est dommageable», estime Roland Héguy, président de l'Umih, principal syndicat de l'hôtellerie-restauration. 

Pour défendre le travail des cuisiniers, l'Umih mise sur une réforme du titre de maître restaurateur. Ce titre d'État, créé voilà six ans et contrôlé par un organisme certificateur, peine à s'imposer, avec seulement 2700 membres. Il s'agirait de le «toiletter» en supprimant certaines obligations saugrenues (servir sur nappe, disposer d'un portemanteau…) et en se concentrant sur le «fait maison»: la part de produits concernés pourrait passer de 51 % à 80 %. L'idée à terme est de développer le concept d'artisan restaurateur comme existe celui d'artisan boulanger. Cette piste privilégiée est confirmée au cabinet de Sylvia Pinel même si elle n'est pas la seule. Un autre syndicat, le Synhorcat, a ainsi une proposition plus radicale: n'accorder le nom de «restaurant» qu'aux établissements ne servant que du fait maison. «Les pourcentages, c'est dangereux, ça ne rassure pas le consommateur», souligne son président, Didier Chenet.

Selon un sondage Umih/OpinionWay, les Français sont 96 % à se montrer favorables à un label garantissant la préparation des plats sur place au restaurant. Mais s'ils sont plus de 90 % à accepter pour cela d'avoir des cartes de restaurant moins fournies, plus locales et saisonnières, seuls 34 % sont prêts à payer plus cher.

©lefigaro.fr

 
Popup
Élection membres du bureau