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Tourisme : la spontanéité, une manne financière pour l’économie française

29/04/2014

Plus qu’une simple valeur, la spontanéité, érigée en mode de vie, pourrait rapporter plusieurs milliards d’euros à l’économie française. Pour cela, de nombreux freins restent à lever et une réflexion profonde des acteurs du tourisme à mener.

Vivre spontanément n’a jamais été aussi simple. Où que l’on soit sur la planète, dans la rue ou chez soi, chaque besoin, chaque envie ou désir peut devenir réalité en un clic sur un ordinateur, sur une tablette ou sur un téléphone portable... de l’envie à la réalité !

Si nous observons le secteur du voyage d’il y a 15 ou 20 ans, lorsque nous avions un projet de vacances à l’étranger, nous nous rendions dans une agence de voyages ayant pignon sur rue pour y consulter des brochures commerciales aux tarifs immuables, nous demandions des cotations et nous nous accordions le temps de la réflexion… Aujourd’hui, les offres et agences en ligne foisonnent; avant d’acheter, les clients comparent les offres sur de nombreux sites et suivent de près les variations de prix. C’est peu de le dire : le secteur du tourisme en ligne est extrêmement compétitif et l’évolution rapide et constante de la technologie constitue un réel challenge pour tous les acteurs. De même, les clients osent dorénavant découvrir des destinations encore méconnues, choisissent puis notent et commentent leurs expériences de voyage.

Tendance de fond corolaire de ce changement : les Français réservent désormais en dernière minute, de manière spontanée : l’an dernier, ils sont partis en moyenne 5,75 fois lors de séjours comprenant au moins une nuitée à l’extérieur de leur domicile et la moitié de ces séjours (49%) ont été réservés à la dernière minute, soit moins de 3 semaines avant le départ. Et à l’avenir, 44% des Français souhaitent davantage d’escapades en dernière minute[1]. C’est la problématique clé à laquelle notre secteur doit répondre, toutefois je ne suis pas certain que la prise de conscience du secteur soit pour l’instant suffisante pour suivre l’évolution du comportement et des attentes des consommateurs.

Un potentiel de 17,7 milliards d’euros pour l’économie française du tourisme

Pourtant, il existe encore de nombreuses barrières à la spontanéité parmi lesquelles le manque d’argent, le coût des voyages ou les obligations professionnelles.

On estime ainsi que les voyages et loisirs réservés à la dernière minute par les Français représentent un potentiel de 44,7 milliards d’euros par an pour l’économie française. Mais l’économie pourrait bénéficier de 17,7 milliards d’euros complémentaires s’ils étaient totalement spontanés[2]. 

Un chiffre significatif au regard du climat d’incertitude économique.

Alors que peuvent faire les acteurs du tourisme pour favoriser cette spontanéité ?  Les leviers sont nombreux.

Modifier la logique actuelle de fonctionnement d’abord. Dans un monde idéal, de nombreux fournisseurs du tourisme voudraient que leurs produits soient réservés longtemps à l’avance. Et même s’ils sont heureux d’avoir quelques clients de dernière minute, ils préfèrent que cela reste exceptionnel et non une règle. La conséquence de cette logique est qu’aujourd’hui les avions décollent avec des sièges vident (18% entre Janvier et Octobre 2013 des avions décollant au départ de Paris[3] et qu’un samedi soir, des chambres d’hôtel restent vides (57,1% des chambres étaient inoccupées en France au premier semestre 2013[4]). Il convient donc de mener une réflexion profonde sur la manière dont on peut réaliser l’équilibre entre l’offre et la demande (Yield Management) pour que tout le monde, professionnels comme clients, s’y retrouve.

Ensuite, j’aimerais voir le secteur du tourisme élaborer de nouveaux standards dans la fenêtre de réservation de dernière minute, en assurant accessibilité et disponibilité en dernière minute. A titre d’exemple, en 2017, notre site pourrait voir la majeure partie de ses réservations d’hôtel provenir de smartphones pour des réservations à moins de 24 heures. Et pour les vols secs, les réservations via smartphones pourraient plus que doubler à moins de 48 heures du voyage.

Enfin, nous devons inspirer davantage. Les clients demandent désormais plus que le nom d’une destination ou un prix, ils veulent être conseillés sur leurs choix tout en étant rassurés sur la qualité des services fournis. Cet accompagnement doit se traduire dans toutes les technologies utilisées par les clients, de l’ordinateur au mobile.

En conclusion, la réalité des tendances de consommation et le potentiel économique démontrent qu’il est désormais temps de créer une dynamique, voire même un manifeste pour une France plus spontanée.

NOTES : [1] Toutes les données de ce paragraphe sont tirées d’une étude lastminute.com réalisée en ligne par OnePoll auprès de plus de 2 200 consommateurs français et plus de 2 200 consommateurs britanniques en septembre 2013. [2]Toutes les données de ce paragraphe sont tirées d’une étude lastminute.com réalisée en ligne par OnePoll auprès de plus de 2 200 consommateurs français et plus de 2 200 consommateurs britanniques en septembre 2013. [3] Sources: Aéroports de Paris: October 2013 [4] Source eurostat

Écrit par Matthew Crummack, DG France lastminute.com, sur lesechos.fr
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